mercredi 17 août 2016

Burkini ou la roulette russe des irresponsables

En plein été la décapitation de feu le père Hamel n'aura donc servi à rien ! 
Pas le moindre début de prise de conscience de ce qui se joue dans notre chère France.
Des irresponsables de tous bords gonflés d'orgueil et de cynisme jouent à la roulette russe de concert.
Et pourtant ni le déni de réalité sur le terrorisme qui se revendique de l'Islam ni l'amputation de nos libertés (voire des exécutions sommaires ...) ne nous sortiront de ce piège que ces ordures nous ont tendu. Et nous voilà en plein pugilat estival pour une histoire de tenue de bain qui ressemble à un mauvais remake de concile sur le sexe des anges.
Le seul vœu que je formule c'est qu'il reste encore quelques personnes modérées à même de tenir le gouvernail pour la cohésion nationale ...

mercredi 20 juillet 2016

En colère

Les sifflets contre le Premier Ministre Manuel Valls aujourd'hui à Nice sont aussi inadmissibles qu'inquiétants. Venu porter un message de soutien de la République aux victimes et à leurs familles il se retrouve pris à partie de façon aussi indigne qu'injuste. La solidité des institutions et la fraternité sont nos remparts les plus sûrs face à la terreur.

lundi 11 juillet 2016

Merci les bleus !

Bon match des bleus qui ont dominé sans que cela ne se concrétise. Cette fois ci il a manqué le petit plus qui fait la différence. Bravo au Portugal qui a fait l'essentiel gagner en faisant déjouer la France.
J'aime beaucoup cette équipe de France de foot car elle est portée par un bel état d'esprit et Didier Deschamps y est pour beaucoup. Émotions partagées, talent et exemplarité, de belles promesses d'avenir pour la France.

lundi 6 juin 2016

Le sublime hommage de Christiane Taubira à Muhammad Ali

"I'm so fast that last night I turned off the light switch in my bedroom and was in bed before the room was dark"
Sublime démesure. De la gelée royale pour les adolescents que nous étions.
C'est un monde où Cassius Clay sait à quatorze ans qu'il risque ce qui arriva à Emmett Till. Melody Gardot chante aujourd'hui Preacherman. Emmett Till, inoubliable pour ma generation, fier et courageux malgré son jeune âge, torturé et assassiné, pour un mot prononcé ou non. Et l'impunité pour les assassins. Effrayante initiation à la réalité. Les mots! Prétexte pour les tueurs racistes. Les mots? Ils seront donc proclamation d'existence. Pour abattre la peur. Pour être. "Des mots, mais des mots couleur de chair trépidante, des mots couleur de montagne en rut, des mots étendards, des mots glaives" (Frantz Fanon). La verve. Pour dire à outrance et avec élégance. Le verbe. Pour subvertir les représentations, pulvériser les clichés, recouvrir toutes les voix, mettre en scène l'invincibilité. Exhiber une humanité qui refuse de se renier. Transformer, d'abord les esprits. A la plastique musculaire, réjouissance pour la vue, ajouter l'esthétique d'une parole dont la sonorité et la force défient les méfaits de l'intolérance raciste, de la bonne conscience puritaine, de la domination placide, de l'exploitation souriante, de l'oppression sociable, "et ce pays était calme, tranquille, disant que l'esprit de Dieu était dans ses actes" (Aimé Césaire). Ainsi œuvre bruyamment Muhammad Ali.
Muhammad Ali, c'est d'abord la liberté de se nommer soi-même, le premier pouvoir sur soi. C'est un caractère de granit. Un incomparable stratège, un génie de l'image, un artiste de l'extravagance. Un épouseur de volontés.
C'est une précoce intuition de la présence du monde, qu'il faut prendre à témoin, un extraordinaire éveil à la puissance de ce que peut une tonitruante présence au monde. Ses ripostes seront sans concession. Le champion olympique à Rome, de retour chez lui, est refoulé d'un restaurant réservé aux Blancs? Comme Jesse Owens avait dû passer par les cuisines pour assister à la cérémonie donnée en l'honneur de ses quatre médailles d'or à Berlin. Il jettera sa médaille d'or olympique dans l'Ohio, cette riviere au nom amérindien, affluent du Mississippi, qui séparait les États esclavagistes des États abolitionnistes. Il est persona non grata dans les institutions, comme Jackie Robinson et ses démêlés avec l'armée? Il parle plus haut encore, et encore plus clair. Il est déchu de son titre olympique pour refus de participer à la guerre coloniale au Vietnam? Comme John Carlos et Tommie Smith, champions olympiques à Mexico, protestant poing levé contre le racisme et la pauvreté? Il se battra, y compris en forçant les institutions, la Cour suprême, à dire le Droit. Pas de pays de rechange. C'est d'abord en son lieu que l'on rétablit le fait et l'évidence de la commune condition humaine. Ray Charles, refusant de cautionner la ségrégation a annulé son concert dans sa ville natale, ayant appris que les Africains-Américains n'y étaient pas admis. Il reviendra après l'abolition officielle de la ségrégation, avec Georgia on my mind. C'est un temps de lutte et de courage. La culture, par toutes ses expressions, est le fer de lance de l'émancipation.
La plus prodigieuse prouesse de Muhammad Ali réside dans cette émotion raffinée qu'il nous offre en 1996 à Atlanta. Son corps demeure altier. Le bras gauche tremble. Intensément. Car il abrite le tremblement du bras droit, résolument ferme. Le pas est posé mais sûr. Le geste est grave et maîtrisé. La torche atteint la vasque et, dans un surgissement d'or, la flamme olympique défie le vent. He did it! Et nos cœurs, sur place et à travers le monde, tout surpris d'avoir cessé de battre, palpitent à la cadence de nos larmes de joie mêlée de fierté, et comme débarrassée d'une importune anxiété.
Son visage lumineux nous déclare en silence que lorsqu'on ne peut plus, on peut encore.
Voilà bien une vie hardiment menée.
ChT

mercredi 1 juin 2016

Le thermomètre

En cassant le thermomètre l'illusion qu'on pourrait se faire de voir disparaître la fièvre ne reste hélas qu'une illusion.